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Dr Fatma Bouvet de la Maisonneuve

Dr Fatma Bouvet
de la
Maisonneuve

 
Santé psychique au travail

Troubles psychiques et travail

Le ministère du travail définit les risques psycho sociaux par les risques professionnels d’origine et de nature variées, qui mettent en jeu l’intégrité physique et la santé mentale des salariés et ont, par conséquent, un impact sur le bon fonctionnement des organisations ».

La prise de conscience de ce concept a donné lieu à de nombreux plans et décisions, mais aussi à l’obligation de la prévention des RPS en entreprise.

C’est ainsi que l’on pointe qu’un contexte nocif pour l’individu peut avoir pour conséquence des tableaux cliniques plus ou moins visibles et bruyants sur le plan psychique chez les salariés.

« Le stress au travail » a longtemps occupé la première place parmi les troubles psychiques rencontrés dans le milieu professionnel. En revanche, il existe de nombreuses autres manifestations de souffrance. Il est important d’en connaître les caractéristiques afin de mieux les prévenir et les traiter. Les troubles les plus souvent constatés sont les suivants :

  1. Le surmenage ou « burn out » qui se manifeste par un surinvestissement au travail avec un déni de l’épuisement physique et psychique qui en résultent, un recours à des stimulants ou hypnotisants jusqu’au stade extrême de l’écroulement. Une des complications des plus sévères à envisager, après la dépression, est la tentative de suicide pour que le rythme infernal cesse.
  2. Les manifestations psychiques qui résultent du harcèlement moral. Les symptôme sont proches de ceux d’un tableau de stress post traumatique comme si la personne avait été touchée dans son intégrité psychique sans avoir pu s’en protéger et revit ainsi le traumatisme sous forme de cauchemars et d’incapacité à retravailler. Il est très fréquent qu’un tableau dépressif et de dévalorisation se conjuguent à ces troubles allant parfois jusqu’à la conduite suicidaire. Les sources du harcèlement moral sont souvent la violence et l’agressivité relationnelle.
  3. Le harcèlement sexuel et ses conséquences psychiques. Il se caractérise par le fait d'imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, ou qui créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.
  4. La consommation de produits ( alcool, drogues et médicaments) comme forme d’auto médication d’une souffrance psychique ou comme mode de « dopage » dans un contexte hostile où les exigences de performances sont fortes.

En France, un salarié sur 6 estime être l’objet de comportements hostiles dans le cadre de son travail (1). La place du travail, les outils utilisés ainsi que les exigences croissantes ont été retenus comme étant à l’origine de la propagation de ce phénomène. Il est important de noter que ces troubles n'épargnent aucun secteur d'activité. Lorsqu’on peut les identifier, il est possible de les prévenir.

Les complications sociales et familiales de la souffrance psychique au travail doivent être vues comme un sujet à part entière compte tenu de la lourdeur des interventions qu’elles nécessitent . Elles peuvent aussi servir d’indicateurs pour l’entreprise.

Sur le plan familial, lorsque l’on peut en prendre connaissance, il est fréquent de retrouver une dégradation des relations avec les conjoints ainsi qu’avec les enfants avec des troubles du caractères allant parfois jusqu’à la violence.

http://www.inrs.fr/accueil/risques/psychosociaux.html (1)

http://www.anact.fr/web/dossiers/sante-au-travail/RPS (2)

Consommation des produits

Ce problème a été identifié comme une priorité de santé publique par la Mission Inter Ministérielle de Lutte contre les Drogues et les Toxicomanies , à travers le plan 2008/11, et ce, sur la base de chiffres nationaux qui doivent attirer l'attention et pousser les responsables à plus de prévention par de la pédagogie et de la sensibilisation à tous les âges de la vie et sur tous les lieux de socialisation. En effet, les addictions sont responsables de 100000 décès évitables par accident et par maladie (1) Par ailleurs, les chiffres sur la consommation des produits sur les lieux du travail sont alarmants puisque 20 % des salariés disent avoir besoin de se doper avant d’aller au travail tous produits confondus (2) et que 10% consomment des drogues illicites (3)

Tabac

Malgré les efforts de prévention contre le tabagisme, il reste que près de 15M de Français sont considérés comme tabagiques, et que les âges de début d’expérimentation ont tendance à baisser. En 2010, l’expérimentation de tabac concerne un peu moins d’un tiers des élèves collégiens, avec une augmentation forte entre les niveaux, soit 12,7 % en classe de 6ème et 51,8 % en classe de 3ème. La tabagisme est à l’origine de 60000 en France en 2000. Mais le tabac est également directement à l'origine de bronchites obstructives chroniques et de certains cancers (poumon, voies aérodigestives supérieures (VADS), Il favorise également un grand nombre de pathologies (maladies cardio-circulatoires, cancer de l'œsophage et du col utérin) et les fausses couches chez la femme enceinte. (4)

D’après une étude effectuée en 2005 pour l’observatoire des drogues et des toxicomanies, l’OFDT, le tabagisme en France représente des dépenses pour la société de l’ordre de 3% du PIB.

Alcool

En France, l’alcool occupe une place culturellement particulière , il n’en demeure pas moins problématique en terme de santé publique lorsque sa consommation est pathologique. La maladie alcoolique touche près de 5 Millions de Français, 2 Millions d’entre eux sont dépendants, mais aujourd’hui, seuls 20% parmi eux consultent ( 5) La consommation pathologique d’alcool coûte 1/5 des soins de santé (6).
D’après une étude de Gustave Roussy publiée en 3013, l’alcool est responsable de 49000 décès en France, en 2009, dont 40% surviennent avant 65 ans, et 22% entre 15 et 34 ans , chiffres largement supérieurs à ceux de nos voisins européens : 36500 décès chez l’homme, soit 13% de la mortalité totale masculine et 12500 décès chez la femme, soit 5% de la mortalité totale féminine. (7)

Cette maladie touche désormais davantage de jeunes et de femmes. La prévention contre le mésusage d’alcool doit se faire impérativement et de façon massive auprès des collégiens. En effet, en 2010, les adolescents scolarisés au collège (entre 11 et 16 ans principalement) présentent déjà des niveaux d’expérimentation de boissons alcoolisées élevés.

Sans prévention, la maladie alcoolique va continuer d’avoir un coût humain et financier, le démontre le nombre de journées d’hospitalisation. Il s’agit du troisième diagnostic mentionné, derrière la schizophrénie (6,4 millions de journées) et les épisodes dépressifs (2,1 millions de journées) . Il faut en outre tenir compte de 844 000 jours d’hospitalisations pour lesquels ces troubles sont cités en diagnostics associés.

Dans le milieu professionnel, la consommation d’alcool a changé de profil : ce sont les cadres, les professions du marketing, de la communication, des relations publiques, les enseignants et les professionnels de santé qui seraient , actuellement, les plus touchés. A noter que ces métiers sont de plus en plus féminisés ce qui doit attirer l'attention sur la question de cette maladie chez les femmes, très taboue et longtemps cachée , avec des conséquences bien plus lourdes que chez les hommes. L a consommation d’alcool est telles qu’elle est un problème important pour 85% des directeurs de ressources humaines. les risques liés aux addictions sont considérés comme « importants ». 11% à 14% des actifs en boivent en dehors des pots et des repas. Sa consommation est à l'origine de 10 à 20 % des accidents du travail. Ce constat ne semble pas avoir impacté la décision récente du Conseil d'Etat, qui, par un arrêt du 12 novembre 2012 vient d'interdire l'interdiction de consommation d'alcool sur les lieux du travail. Cette disposition nous semble aller totalement à l'encore des initiatives prises depuis quelques années en terme de sensibilisation aux dangers de la consommation pathologique d'alcool.

  1. Rapport Ministère de la santé 2009
  2. La place de la médecine du travail » M Balette, La lettre du psychiatre Vol V, N° 12, p 13. Citée Etude Lapeyre Mestre M. « Etude pharmaco- épidémiologique sur la consommation des psychotropes en Midi-Pyrénées en 2006 ». In Travail et sécurité INRS.
  3. Rapport de la MILDT 2010
  4. Observatoire français des drogues et des toxicomanies 2010-2012
  5. INSERM 2008.
  6. INPES 2006
  7. Sylvie Guérin, Agnès Laplanche, Ariane Dunant et Catherine Hill, du Service de Biostatistique et Epidémiologie de Gustave Roussy, site Internet de la revue European Journal of Public Health, le 4 mars 2013.