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Dr Fatma Bouvet de la Maisonneuve

Dr Fatma Bouvet
de la
Maisonneuve

 
Guidance de parents et de jeunes adultes

Pour des élèves en meilleure santé

I. Constats

A. Côté parents

L’école et la santé sont en tête des préoccupations des Français : Peur de l’exposition à l’alcool, la drogue et la violence à l’école1.
9 Français sur 10 se sentent dépassés et ont besoin d’aide, mais 7 sur 10 se méfient de leurs interlocuteurs2.

1SOFRES 2012 Baromètre des préoccupations des Français

2CSA 2013 Qu’est-ce qui préoccupe les Français ?

B. Côté enfants et enseignants

1/3 des 6-18 ans sont en situation de souffrance psychologique, 43 % des plus de 15 ans ( idées noires et conduites suicidaires).

45 % des 6-18 ans interrogés « se sentent vraiment angoissés de ne pas réussir assez bien à l’école ».

Le fait d’être une fille, la peur de l’échec scolaire et le harcèlement sur les réseaux sociaux augmente les risques de souffrances psychologiques.1

Les trois quarts des maladies mentales se déclarent avant l’âge de 25 ans, 80% des troubles psychotiques se révèlent entre 15 et 25 ans.
Un peu plus d’un tiers des jeunes interrogés (37 %) se sentent souvent “stressés”.
Plus d’un jeune sur deux (55 %) a été gêné dans sa vie quotidienne par des symptômes de difficulté mentale (anxiété, phobie, dépression, paranoïa, etc Ils sont prêts à parler de leur souffrance à un proche mais pas à l’infirmière scolaire ( seulement 4%) ni à l’enseignant ( 2%).
Alors que parents (82 %) et enseignants (76 %) estiment que l’école a un rôle à jouer pour détecter et orienter les jeunes qui souffrent de maladies mentales.2

Les jeunes Française sont les plus grands consommateurs de cannabis en Europe 3

Peu d’études sur les maladies somatiques chroniques et leur adaptation à l’école (diabète, cardiopathies…) Il est important d’avoir des chiffres.

Demande de plus en plus insistante de la part des enseignants d’être formés face à des élèves en souffrance (Etude fondation Deniker)

1 UNICEF 2014, Consultation nationale. Ecoutons ce que nos enfants ont à nous dire

2 La santé mentale des jeunes, IPSOS, LE Point, Fondation Deniker, mars 2016

3. OFTD 2014

II. Le système français et ses limites

A. Médecine scolaire

Le système français était cité en exemple du fait de la proximité des acteurs. En effet l’école est un lieu de vie en collectivité propice à la prévention, diagnostic, accompagnement vers les soins, aménagements éventuels de la scolarité.
Le médecin de l’EN doit favoriser les actions de promotion de la santé à l’école, formation des enseignants. Il doit être à l’interface avec tous les autres acteurs auprès de la jeunesse et responsable de la coordination médicale entre l’école, la famille et les partenaires extérieurs( MT, ASE, CMP, Académie, juges MDPH…).

Or, il existe une pénurie croissante de médecins de l’EN. En 2010 : 120 postes vacants pour la France entière. La moyenne nationale est de 1 médecin scolaire pour 8 000 élèves ( source : Éducation nationale).
Le recours aux médecins libéraux ou à des médecins vacataires a montré ses limites (Prescrire, 2009).
Or, l’étude Deniker montre que les élèves consulteraient plus volontiers leur médecin traitant qu’un interlocuteur interne à l’EN.
Ce qui remet en cause de fait le circuit actuel de prévention, orientation et suivi des élèves en souffrance ( à la fois du fait de la pénurie des MS et du fait du comportement des élèves )

B. Dispositifs

Peu connus, peu généralisés et régulièrement revus.
Ex : le plan d’accompagnement personnalisé ( PAP) remplace depuis 2015 les PAI, PPRE s’ils sont défaillants. Des complications se rajoutent suivant les cas pour faire intervenir ou non la MDPH. Tout ceci est totalement inconnu des familles, souvent mal maitrisé par les enseignants qui demandent formation, clarté et coordination avec les soignants ( dans les limites de ce que permet le secret médical )

III. Ecole inclusive et élèves à besoins éducatifs particuliers

Concept

Non‐discrimination et unité de communauté de vie de tous les enfants. Passage d’un système ségrégatif à celui de l’intégration.
Abandon du modèle exclusivement médicalisé pour celui de besoins éducatifs particuliers et recours exceptionnel aux écoles spécialisées.
L’exigence du maintien voire développement important des liens avec les parents.

Elèves BEP exemple étrangers

a. Suède, Italie, Norvège, Finlande, Danemark : formation des enseignants, fermeture des établissements spécialisés.
En Suède, par exemple, des équipes polyvalentes et mobiles interviennent en accompagnement ou en substitution des équipes médicales durant toute l’évolution physique, psychique et sociale de l’élève BEP.

b. Etats Unis : 60 % des élèves BEP sont en classes régulières.
Un programme : Individualized Education Program (IEP) est obligatoire dans toutes les écoles.
Il s’agit de services médicaux spécialisés multi disciplinaires qui doivent travailler sur un réseau d’établissements.

Indicateurs :

  • l’augmentation du nombre d’élèves avec handicap qui réussissent le diplôme de fin d’études secondaires : + 17 % de 1987 à 2003.
  • Le taux d’élèves handicapés entrant dans l’enseignement supérieur a plus que doublé en passant à 32 %

Expériences françaises

De nombreuses initiatives locales sont prises par les établissements et des professionnels de santé afin de venir en aide aux élèves en difficulté. Exemple publié expérience de Nanterre (article disponible si besoin) Mais elles relèvent uniquement de la bonne volonté des individus et ne sont pas universelles.
Des académies prennent de plus en plus conscience des difficultés d’apprentissage et les enseignants se soucient de leur méthode et de leur savoir faire face à un enfant malade en milieu ordinaire. Exemple : l’académie de Rennes est très en avance en terme d’inclusion d’enfants malades ( handicap physique et psychique) et organise régulièrement des formations à ce sujet pour plus de réussite de ces EBP

Conclusions

La prévention à l’école est défaillante en France aujourd’hui. D’une part du fait d’un problème d’effectif et probablement de valorisation des métiers de santé préventive, mais aussi du fait du changement des comportements des jeunes.
Par ailleurs, les parents, les enseignants ainsi que les jeunes eux-mêmes décrivent des souffrances qu’ils souhaitent partager mais en dehors du cadre scolaire.
Aujourd’hui la coordination entre les différents acteurs et défaillante autant que l’identification du circuit de soins.
Il semble indispensable, car il s’agit là d’une des préoccupations principales des Français, tout autant que de l’avenir du pays, de repenser la question de la prévention et de la prise en charge.

En conclusion , il s’agit d’un sujet

  1. D’actualité puisque la jeunesse a été déclarée comme une priorité
  2. Qui répond à la nouvelle stratégie de travailler sur des sujets transversaux.
  3. Qui préoccupe une société civile mobilisée mais dispersée sur toute la France sans lieu de convergence qui pourrait interpeler les responsables politiques sur ce qui représente l’avenir de ce pays. A l’image de Françoise Dolto qui écrivait : « Je n'ai qu'une chose à dire aux hommes politiques: c'est de 0 à 6 ans que le législateur devrait le plus s'occuper des citoyens. » La cause des enfants , 1985